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Jardin Médiéval

Jardin médiéval

Sources historiques

Le plus ancien répertoire des plantes cultivées dans l’occident chrétien est celui de l’ordonnance de Charlemagne, dite Capitulaire De villis, promulguée vers 795, peut-être à l’intention des domaines impériaux du sud de la France. C’est une liste de la flore usuelle de base : 88 végétaux considérés comme les plus importants en médecine et sur les tables. Cette liste ne représente qu’une faible partie du savoir botanique de l’Antiquité. Au 1er siècle, le grec Dioscoride citait plus de 500 remèdes végétaux dans son De materia medica. Mais cette vaste connaissance ne se diffusera au sud de l’Europe qu’après l’an Mille grâce aux Arabes.

 

Le livre des simples médecines a son origine au XIIe siècle à Salerne, célèbre école de médecine du sud de l’Italie. Au XVe siècle, c’était le “codex” des apothicaires parisiens, soit la liste officielle des remèdes du temps.

Si l’on sait peu de choses des jardins médicinaux, les jardins potagers ne sont pas mieux connus. C’est surtout indirectement, par les listes d’achat des tables riches ou religieuses ou les inventaires de successions que l’on peut connaître la nature de l’alimentation végétale et l’importance relative des divers produits. Mais ces témoignages n’ont trait qu’à la consommation des classes possédantes. Les jardins populaires, paysans ou citadins, ont si peu concerné les chroniqueurs du temps qu’on s’interroge toujours sur leur nature et parfois même sur la probabilité de leur existence. Impossible d’affirmer s’il y avait, dans les classes défavorisées, un potager privé associé à l’habitat, ou si la production légumière provenait de la culture en plein champ (celle-ci plus facile à contrôler par le possédant). On peut toutefois supposer la présence, au voisinage des maisons les plus modestes, de ces quelques ressources premières que sont alors le chou, le poireau, l’ail et l’oignon, ainsi que des aromates-remèdes qu’on trouve encore dans les jardins paysans, persil, sauge, cerfeuil et menthe pour ne citer que les plus communs.

 

Selon les livres d’heures, les gravures, les tapisseries et quelques documents écrits, les jardins de cette époque révèlent des caractéristiques spécifiques. L’aspect architectural recouvre un dessin régulier et souvent répétitif. De forme carrée ou rectangulaire, le jardin est parfois orné en son centre d’une fontaine et agrémenté aux angles de tonnelles ou de belvédères.

Le choix des plantes elles-mêmes pose de multiples difficultés. L’une d’entre elles est d’identifier la plante correspondant exactement au nom que l’on trouve dans les textes du IXe siècle. Si des descriptions ou des dessins ont permis d’identifier la plupart des végétaux, il subsiste un certain nombre d’énigmes qui font toujours l’objet de discussions entre experts.

De plus, il demeure impossible de restituer le blé, le navet ou la carotte médiévale. En effet, les jardiniers ont toujours sélectionné ces végétaux qui se trouvaient au Moyen Age à un stade intermédiaire entre les souches sauvages et les légumes d’aujourd’hui.

En outre, les sources sont souvent imprécises. Ainsi, le Capitulaire De villis indique “quelques variétés de pommiers, de poiriers, cerisiers” sans plus d’indications. Il est donc hasardeux aujourd’hui de présenter avec certitude, les fruits qui ornaient les tables seigneuriales.

Selon les documents, les jardins du Moyen Age étaient très spécifiques et dévolus à des usages précis. Ainsi il existait :

- l’Herbularius, jardin de plantes médicinales et aromatiques

- l’Hortus ou l’Hortulus, jardin potager de légumes, raves et cucurbites

- le jardin bouquetier pour fleurir les autels

- le verger d’arbres fruitiers

Ces spécificités sont respectées dans de nombreuses reconstitutions mais l’abbaye de Fontevraud est la seule qui reproduit ces quatre types de jardins auxquels s’ajoute une collection de plantes vivrières habituellement cultivées hors les murs.

 

A Dourdan, nous n’avons pas échappé à ce désir de présenter quelques plantes utilisées au moyen âge. D’autant plus que lors des fouilles des ‘salles du duc de Berry’, l’emplacement de la cuisine du logis royal a été retrouvé.

Le jardin médiéval reconstitué se trouve donc dans l’espace où, à l’origine, il devait être.

Il est formé de quatre carrés où nous plantons les légumes, les fleurs et les aromates que nous trouvons dans le Capitulaire de Villis.

 

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